(c) Serge Anton
    EntreprisesDéveloppement régionalGrands projets LLN

    Au revoir, Olivier Strebelle

    01/08/2017
    Olivier Strebelle, artiste belge aux sculptures monumentales, nous a quittés ce 29 juillet à l’âge de 90 ans. Hommage à celui qui a laissé son empreinte sur deux des œuvres du LLN Science Park, le Jardin Eolien et l’Endormie VI.

    Né à Uccle en 1927 dans une famille d’artistes-peintres, Olivier Strebelle se décrit en « rêveur professionnel » qui est « habité de sculptures depuis toujours ». Encouragé très tôt par ses parents à concevoir ses propres jouets, il se dirige dans l'adolescence vers La Cambre où il étudie la céramique et la sculpture. Plus tard, il fonde avec ses amis Alechinsky, Reinhoud, Dotremont et Olyff les Ateliers du Marais à Bruxelles, centre du mouvement Cobra. Lauréat du Grand Prix à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958, maintes fois primé au cours de sa carrière, il alterne les projets avec l'enseignement dans diverses académies et universités en Belgique, au Canada, ainsi qu’aux Etats-Unis, et devient membre de l’Académie royale de Belgique en 1987.

    Troquant dans son travail la terre et la neige de son enfance contre le bronze et l’acier, l’artiste aux pouces surdimensionnés, féru de deltaplane, se consacre exclusivement à la sculpture d’œuvres monumentales, qu’il plante dans le paysage tel un complément urbanistique pour qu’ils se voient de haut, de loin, et sous plusieurs angles. L’absence de moyens financiers en Belgique le poussera à réaliser la majorité de ses 300 œuvres à l’étranger, laissant sa marque dans les grandes villes du monde telles que Pékin, Singapour, Washington ou Moscou. Sur sa terre natale, on retrouve notamment les fameux Cheval Bayard sur le pont de Jambes à Namur et Flight in Mind à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, restauré et déplacé suite aux attentats de mars 2016 dans un jardin à l’entrée du site pour servir de mémorial aux victimes.

    Décédé ce samedi 29 juillet à l’âge de 90 ans, Louvain-la-Neuve Science Park souhaite rendre hommage à celui qui a pourvu le parc scientifique de deux œuvres respectivement commandées en 1980 et en 1995 par les entreprises Cyanamid Benelux et Shell afin de répondre à leur cahier des charges (*) : l’Endormie VI et Jardin Eolien (à l’époque sa plus grande réalisation en acier martelé). Les deux édifices qui accueillent ces oeuvres ont depuis été rachetés et convertis en centres d’entreprises par l’Intercommunale du Brabant Wallon, co-gestionnaire de notre parc scientifique. Les œuvres sont visibles depuis la route, une occasion de les redécouvrir et de saluer au passage le génie d’Olivier Strebelle.

    (*) Toute société du parc qui construit ses propres facilités sur un terrain libre doit allouer 2% de la valeur immobilière à une œuvre d’art.
     


    Jardin Eolien
    Ensemble de trois girouettes d’acier inox 18/8, la plus grande mesure 1.500 x 500 cm et pèse 6 tonnes, 1995, Shell Research European Center (actuel Centre Monnet), avenue Jean Monnet 1.
    Oeuvre monumentale juchée sur un promontoire, le Jardin Eolien d’Olivier Strebelle marque le paysage. Il est constitué de trois gigantesques girouettes en acier pesant près de 6 tonnes et dont certaines pièces atteignent les neuf mètres de hauteur. Leur présence ne passe pas inaperçue. Que sont-elles ? Les signes prémonitoires de catastrophes attendues ou des êtres volants protecteurs ? On a voulu y voir les témoins d’une ville nouvelle. Sorte de structure animée dans l’espace, la composition qu’elle forme se transforme continuellement sous l’effet du vent.

    Jardin Eolien, est la seconde œuvre de Strebelle pour la société Shell, qui lui avait commandé La Coquille, sa première sculpture en acier inoxydable, en 1958. Pour la réalisation de ce qui était à l’époque sa plus grande œuvre, il froissa à la main la matière pendant des semaines avec une équipe dans une usine de Châtelineau. 

    L’Endormie VI
    Sculpture en bronze sur socle en pierre brute, 1980, 210 x 170 x 170 cm. Commande de Cyanamid Benelux (actuel Einstein Business Center), rue du Bosquet 15.
    Femme alanguie ou ondulation aquatique ? Le thème de l’Endormie chez Olivier Strebelle remonte aux années 1960. Il est inspiré « par des horizons sinueux dont elles (les œuvres) prennent les lignes ». Comme beaucoup de réalisations en bronze de l’artiste, cette sculpture est imaginée de l’intérieur vers l’extérieur. Elle est composée de cinq éléments s’imbriquant sur un socle de pierre brute qui constitue la clef d’ensemble. Si l’œuvre apparaît comme autonome dans le langage plastique de l’artiste, elle répond de façon intéressante au rythme du bâtiment.

    En italique, extraits du Livre « L’ART DANS LA VILLE, Promenades à Ottignies-Louvain-la-Neuve », Presses Universitaires de Louvain (UCL), 2009 [promenade 3 dédiée au parc scientifique]


     

    Galerie


    Retour